La mécanique échangeable dominera jusqu'à l'arrivée du mini-set

C'est moi qui le dit, et j'ai raison. Enfin sûrement.
JHden | 05/10/2021 à 13h29 - 3

Lorsque les développeurs lancent une nouvelle mécanique lors d'une extension, il est logique que leur objectif soit que cette dernière soit utilisée par les joueurs. Par le passé, de nombreux exemples de mécaniques sous-utilisées ont amené à dire qu'une extension était ou non une réussite.

Dans le cadre de la mécanique échangeable, le simple fait de pouvoir recycler une carte pour 1 point de mana a suffit à convaincre bon nombre de joueurs, se disant qu'au minimum, le mot-clé améliorerait la stabilité du deck.

Avec le développement du métagame, et notamment la franche domination des decks OTKs, la mécanique a pris de plus en plus d'importance, au point que l'effet de la carte est devenu secondaire, le mot-clé suffisant à intégrer cette dernière dans certains decks. 

Actuellement, le mot clé échangeable est au coeur du deck DH OTK, encore considéré comme l'un sinon le meilleur deck du métagame actuel. Le lien avec la quête d'Illidan semble évident, cette dernière se validant au fur et à mesure que le joueur pioche des cartes.

Mais au fur et à mesure que ce métagame post nerf se précise, et il devrait rester en l'état jusqu'au prochain mini-set, on peut voir que la mécanique échangeable n'est pas simplement un joli bonus pour des decks à forts besoin de pioche. Le mot clé est en train de devenir l'un des éléments principaux à prendre en compte lors de la phase de création d'un deck, qu'il joue la mécanique échangeable ou pas. 

Il devient donc intéressant de se poser la question de l'impact de ce mot-clé sur le métagame actuel, et quelles sont les réponses que les joueurs peuvent avoir face aux decks qui en abusent. 


1. La synergie totale avec la quête du Chasseur de démons change la donne pour les autres decks

Si à la base, la mécanique échangeable semblait juste être le bonus parfait pour les cartes techniques permettant de les recycler dans les situations inutiles, Illidan a décidé l'utiliser comme base principale de sa synergie, les effets de cartes devenant un joli bonus si la situation s'y prête.

En effet, dans un deck de combo, les cartes techniques sont souvent un excellent moyen de ralentir l'adversaire et de casser le rythme. Avec l'ajout du mot-clé échangeable, ces dernières perdent en plus leur pire effet indésirable qui est de coller à la main lorsque la situation imaginée par les joueurs ne se présente pas.

Dans le cadre du chasseur de démons, ces cartes participent en plus à l'accomplissement de la stratégie principale du deck : terminer la quête. Ces cartes échangeables sortent ainsi du cadre de la simple carte technique et provoquent l'effet inverse de ce qui se passe normalement dans le cycle d'un métagame.

Normalement, une carte technique est une réponse à une situation que l'on rencontre assez pour vouloir une réponse spécifique à cette dernière. L'ordre naturel des choses serait donc que les decks apparaissent avant la carte technique, cette dernière étant la réponse à la présence de decks faibles à cette carte.

Actuellement, de par la mécanique échangeable, des cartes techniques deviennent populaires malgré le fait qu'elle ne contre absolument aucun deck populaire en particulier. Cependant, parce que la carte en question est populaire, des decks qui seraient basés sur ce que la carte contre partent donc perdants alors qu'ils ne sont même pas encore aboutis.

Par exemple, la Vipère rongerouille est devenue très populaire dans plusieurs versions du chasseur de démons malgré le fait que depuis le nerf de la Baguette en mithril runique du démoniste, très peu d'armes sont utilisées. La carte n'est donc pas utilisée en tant que carte technique dans le deck, mais empêche tout de même à plusieurs archétypes d'investir trop lourdement dans les armes, de peur de se faire punir par la Vipère.

Ainsi, le Paladin Libram voit l'efficacité de son Libram de Jugement diminuée par exemple, alors que le deck n'est absolument pas proche d'un niveau de puissance ou de popularité qui justifierait d'investir des cartes techniques contre lui.

Ce constant peut également être fait pour le Guerrier Big, un deck qui était revenu en force après les nerfs, mais qui a vite été contrôle par l'intégration du Bibliothécaire Royal. La carte n'aurait jamais été utilisée sans le mot-clé Echangeable, le guerrier Big n'ayant jamais été une menace suffisante pour justifier des silences dans des decks dominants.

Cela montre que le mot-clé est une excellente idée, et rempli son rôle initial de redonner de l'intérêt aux cartes techniques. Mais également que lorsque le mot clé prend trop d'ampleur, alors toutes les synergies bloquées par ces cartes techniques ne peuvent ne serait-ce qu'apparaître dans le jeu car immédiatement punies. 


2. La mécanique échangeable permet aux decks OTK de rester au sommet du métagame

Les nerfs jusqu'à maintenant ont attaqué la puissance brute des decks. Que ce soit le flux de l'incantateur du Mage quête, Il'gynoth pour Illidan ou la quête, le Géant ou la baguette pour le démoniste. Si à force de modifier différentes cartes, la différence s'est ressentie sur Gul'dan qui a largement perdu en popularité dernièrement, on ne peux pas dire que ce soit le cas pour Jaina ou Illidan. Ces deux decks continuent d'être très présents en tournoi comme en ladder.

La raison pour cela est le fait que leur puissance relative n'a que très peu été modifiée en définitive, cette dernière reposant avant tout sur leur capacité à suivre le rythme dans de nombreux match ups. Dès lors que le match up repose simplement sur le fait de tenir l'agression adverse jusqu'à atteindre notre seuil critique, le coût d'Il'gynoth ou le fait de piocher le Flux de l'incantateur ne joue qu'un rôle très minime dans le winrate du deck. Leur capacité à suivre le rythme étant basé sur le fait de disposer de la bonne réponse au bon moment, on comprend rapidement pourquoi le mot-clé échangeable est immédiatement indispensable.

L'autre point crucial est que les decks de rythme ne peuvent pas s'appuyer sur cette mécanique autant que les decks OTK, et ce à cause de leur relation à l'utilisation du mana. 

Un deck de rythme, lors de sa construction, a en tête une idée de la situation qu'il cherche à créer, et il tente de la maximiser compte tenu du mana à sa disposition. Ainsi, même un changement de 1 point de mana a un impact direct sur la pression qu'il sera capable de développer.

Egalement, un deck de pression a souvent bien moins recours aux cartes techniques, ou alors cherchera à utiliser celles dont le coût est le plus bas, comme la néophyte du culte par exemple. Il utilisera le fait que l'adversaire se sente menacé pour l'empêcher de développer certaines situations plus que de vouloir y répondre avec une carte précise.

La façon dont opèrent les decks de rythme, qu'ils soient des archétypes agressifs ou plus midrange, ne se prête donc pas à la mécanique échangeable. Dans leur cas, c'est le mot-clé qui est un bonus à des cartes que l'archétype aurait intégré probablement de toute façon. Pour ces decks là, la vipère sera bien plus souvent une 3/4 pour 3 points de mana, et donc une mauvaise carte là où pour le Chasseur de démons OTK, la carte est une pioche pour un point de mana qui détruira une arme occasionnellement.

On peut ainsi clairement voir que selon le deck dans lequel on cherche à intégrer la carte, l'analyse de cette dernière est totalement différente. Et comme c'est l'habitude pour presque tous les jeux de cartes depuis très longtemps, ceux qui profitent le plus de la dernière synergie ont logiquement un avantage sur les autres, qui doivent composer avec moins d'outils que leurs concurrents.


3. Conclusion

Cette situation ne devrait pas durer longtemps. Même si le mode Mercenaires occupe la plupart des nouveautés autour d'Hearthstone en ce début de mois d'octobre, le mini-set devrait également pointer le bout de son nez rapidement. Pour l'instant, le métagame semble avoir trouvé un certain équilibre.  Même s'il est difficile de contester la domination des decks de combo à haut niveau, les nerfs à répétition ont tout de même réussi à ramener des decks comme le Druide Aggro sur le devant de la scène, montrant que les stratégies basées sur la table sont encore une possibilité.

Cette période pourrait cependant être un enseignement pour le futur, montrant que la puissance brute n'est pas forcément le problème principal lorsque certains decks dominent le jeu. A la place, couper certains aspects de leur puissance relative pourrait être, certes beaucoup plus difficile, mais également plus bénéfique pour le métagame.

Tags : Hearthstone Metagame
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