Pourquoi le coaching fonctionne-t-il encore sur Hearthstone ?

Six éléments pour mieux comprendre le coaching
JHden | 02/03/2020 à 11h28 - 3

Le jeu est en perte de vitesse, ne nous mentons pas. Si la scène compétitive donne une vitrine attrayante et que les noms qui la composent sont présents depuis des années, dans une activité comme le coaching, la cible principale n'est pas le joueur compétitif mais bien celui qui est plus casual. Et qui cherche soit à progresser pour son plaisir personnel, soit à devenir compétitif.

Avec le fait qu'il n'y aura surement plus trop de changements d'ici avril (on parlera du patch de Battlegrounds la semaine prochaine, quand il aura eu le temps de s'installer et que de vraies tendances s'établiront), je voudrais me lancer des articles un peu plus personnels, sur des points plus en parallèle du jeu, comme le coaching, ce que signifie vivre du jeu, qu'est ce que représente la recherche d'une équipe, etc.

Et je me suis dis que pour débuter cela, j'allais tenter de vous parler d'une question que je pose très souvent dans mon travail, pourquoi les gens viennent-il me voir pour du coaching ?

Et je tiens à être clair, le but n'est pas de vous dire pourquoi vous devriez prendre du coaching, mais réellement ce qui motive le passage à l'acte, il n'y aura donc aucune pub ou louange envers le coaching dans cet article, promis. Et nous sommes dans quelque chose de subjectif, que j'ai pu apprendre en faisant des recherches ou me rendre compte lors de mon expérience personnel pendant ces 5 dernières années.


1. Progresser

C'est la raison la plus simple, la plus bateau mais il fallait bien commencer par là. C'est un des traits humains les plus courants de nos jours, on ne supporte pas d'être mauvais dans une activité qui nous plaît. Ainsi, lorsque l'on a compris que c'est quelque chose qui nous plait et dans lequel on veut s'investir, notre envie de réussir nous poussera à chercher comment progresser.

Et à ce niveau-là, chacun est différent et va chercher à s'améliorer à sa façon. Certains vont acheter des paquets de cartes pour améliorer leurs decks ou pouvoir s'en créer de nouveau, d'autres vont regarder des streams, du YouTube et autres contenus en ligne gratuits. Certains vont jouer beaucoup plus et d'autres vont rejoindre des groupes pour discuter et faire plus de théorique.

Tout le monde a sa façon de progresser et deux catégories de personnes en viennent à demander du coaching :

  • Ceux pour qui c'est la solution logique et qui vont naturellement rechercher de l'aide par des gens reconnus. Le statut de coach rassure, et dans un sens le fait de payer renforce l'investissement qu'ils vont mettre dans la progression.
  • Ceux pour qui leur option de base n'a pas fonctionné et qui vont donc en chercher une autre. Et puisque leur façon de faire a échoué, ils vont se tourner vers quelqu'un qui, en théorie, sait comment faire : un coach.

Si le premier sera souvent un élève très agréable qui vient dans le but d'échanger et de comprendre comment le coach a réussi et veut s'en inspirer dans un sens et acquérir ses méthodes. Le second en revanche va avoir tendance à juger la qualité du coach aux victoires qui sont réalisées sur la session, car il voudra une résolution rapide et souvent fausse de son problème. S'il croit que son problème est résolu, il sera content, et reviendra même voir le coach lorsqu'il aura du mal par la suite, ne cherchant plus à résoudre le problème par lui même en première possibilité.

Dans ces deux cas, c'est l'envie de mieux jouer qui motive. Cependant, un cas le fait par plaisir d'être performant alors que l'autre le fait par besoin d'être performant, ou au moins la sensation de l'être. Ainsi, le second subira beaucoup plus facilement de la frustration et sera beaucoup plus radical vis à vis du coaching, le pensant soit inutile, soit la solution à tout ses problèmes.


2. Réaliser un objectif précis 

Pendant longtemps, j'ai cru qu'avoir un objectif signifiait vouloir progresser. Puis au fil des années, à force d'avoir des élèves qui voulaient passer légende et s'en fichait totalement de le refaire, qu'au final, ils voulaient simplement le dos de carte, j'ai compris qu'avoir un objectif en tête que l'on n'arrive pas à oublier peut être un vrai problème.

Avec le temps j'ai appelé ça le syndrome du "pourquoi pas moi ?", c'est le principe comme quoi si les autres y arrivent, la personne pensera qu'elle en est capable aussi. Et à force d'échec, la personne viendra demander à un coach de l'aider, ou comme c'est le cas dans la plupart des coachings de ce genre : le faire à sa place.

J'ai mis beaucoup de temps à l'accepter, mais si j'ai réussi à tenir aussi longtemps en tant que coach, c'est parce que j'ai aidé des dizaines, voir des centaines de personnes à passer légende au fil des années. Et si je suis honnête, probablement 50% d'entre elles en sont totalement incapables quelques mois après. Et la raison est qu'ils ne sont pas venus me voir pour apprendre à passer légende, mais pour obtenir un dos de carte, ou pour pouvoir se dire qu'ils n'ont plus besoin de jouer à Hearthstone.

Mais ceci est la version assez triste de cette optique de coaching, Il existe des tas d'autres élèves dans cette catégorie, comme ceux qui veulent se préparer à un tournoi, ceux qui veulent apprendre un deck en particulier, ou tout simplement ceux qui veulent vraiment savoir ce qu'implique d'atteindre le rang légende. Et à tous ceux-là, je dis un énorme merci parce que ce sont probablement ceux qui font que j'aime autant faire ça.

Ainsi, les personnes qui cherchent à réaliser un objectif précis sont souvent les meilleurs ou les pires coachings que j'ai pu avoir, tantôt des gens extrêmement motivés et d'autres fois des personnes frustrées qui veulent juste passer à autre chose et qui n'y arrivent pas seule.


3. Par sympathie 

"Je t'ai vu sur un stream et j'ai voulu te soutenir" ou "j'ai bien aimé ton article et je voulais te connaître" sont des phrases que j'ai entendu pour venir me demander de l'aide, particulièrement dans la période où j'ai rejoins GamersOrigin (oui l'équipe attirait beaucoup plus de sympathie que moi). Bien que cela fasse extrêmement plaisir (parce qu'au final, c'est que la personne m'apprécie et souhaite m'aider à développer mon activité), ce sont souvent des coachings plaisir, mais aussi assez plats.

Je vois plus ces moments comme des duos agréables où on va discuter de pleins de choses en parallèle du jeu (ma carrière, équipe dans laquelle je suis, expériences...) mais l'évolution de l'élève n'est pas sa priorité, et souvent c'est simplement le fait de passer un bon moment en ma compagnie qui l'intéresse.

Si à mes débuts, j'avais du mal à accepter ce genre de choses, ça me mettait mal à l'aise et je n'y voyais pas vraiment l'intérêt d'un point de vue coaching. J'ai appris non seulement à apprécier ces moments un peu plus détente que les coachings habituels, mais aussi à accepter le fait que le monde n'est pas rempli de tryharders qui cherchent la performance à tout prix comme ça a été mon cas pendant longtemps. Et enfin, et c'est je pense la leçon la plus importante que ce type de personne m'a enseigné, c'est que tout le monde apprend à sa façon, et que certains ont simplement besoin de s'amuser et apprécier ce qu'ils font. Puisqu'ils aiment ça, ils y consacreront plus de temps et auront donc une progression par le temps de jeu.


4. Par solitude

C'est surement la raison la plus triste mais elle est bien réelle, beaucoup de gens ne savent pas s'intégrer à des communautés, ou alors n'ont jamais eu besoin de le faire jusqu'à ce qu'un événement les y pousse (blessure, séparation...). Ainsi, ils vont se tourner vers le coaching pour deux raisons : soit parce que c'est une solution qu'on ne peut pas leur refuser soit parce qu'ils y ont eu recours par le passé et donc qu'ils ont déjà une proximité avec la personne.

Ce type d'élève est très souvent extrêmement docile envers le coach et va écouter tout ce que l'on peut dire comme parole d'évangile. Non pas parce qu'il pense que nous savons tout (ou du moins, ce n'est pas la seule raison) mais parce que le coaching représente une activité importante dans leur journée qu'ils ne veulent pas perdre.

Ce type d'élève est souvent le meilleur client, celui qui va dépenser beaucoup pour passer du temps avec le coach et le plus souvent avoir une énorme tolérance à tout ce que le coach pourrait dire, et ne jamais le remettre en question. Cependant, ce sont aussi les élèves les plus instables, qui sont capables de disparaître et ne jamais donner de nouvelles s'ils sortent de leur solitude subitement. Ou de façon moins extrême, d'annuler des sessions au dernier moment car ils ont de la visite ou une proposition de sortie.

Ce type d'élève est le plus nécessaire (et c'est très malheureux) à ce type d'activité parce que ce sont les plus rentables. Mais au fur et à mesure du temps, ce sont aussi ceux qui sont le plus exploités par les coachs (ou n'importe quelle autre activité basée sur la fréquentation) qui profite et encourage cette situation.


5. Par habitude 

C'est une raison simple mais qui est assez présente, et qui découle souvent du premier point. Une fois qu'un premier coaching s'est bien passé, l'élève va avoir tendance à solliciter le coach lorsqu'il est bloqué dans certains aspect du jeu ou simplement parce qu'il a apprécié le moment. C'est dans ces cas là qu'une vraie relation coach / élève se crée et que l'on peut travailler sur d'autres points que le jeu car il y a une confiance. J'ai des élèves que je suis depuis des années et qui sont devenus des amis avec le temps et c'est l'un des aspects les plus enrichissant du coaching à mes yeux. Car même s'il y a une confiance de base de l'élève envers le coach, c'est une confiance due à ma position et non à ma personne, gagner cette dernière est très gratifiant à mes yeux.

Mais dans certains cas, l'habitude est un peu plus malsaine, et est due au fait que l'élève n'aime plus vraiment le jeu, ou du moins il ne l'aime plus assez pour y jouer de lui-même. Cependant, le besoin de jouer et d'atteindre le rang qu'il s'est fixé est plus fort que l'envie de ne plus jouer car il ne s'amuse plus vraiment.

Il va ainsi chercher un accompagnement, qui peut être fait par un coach et qui règle ainsi ses deux problèmes (le besoin d'avoir quelqu'un pour apprécier le jeu et la recherche de performance). Mais puisque ce problème n'est pas temporaire, le coaching devient une habitude régulière et ces coachings là peuvent durer des années (j'ai deux élèves que je suis depuis presque deux ans chacun sur des forfaits d'accompagnements).

Le coaching par habitude est souvent celui qui va être le plus à long terme et le meilleur pour le coach. Pour l'élève cependant, il faut faire attention à ne pas tomber dans une logique de simplement appliquer sans réfléchir parce qu'on ne joue plus qu'en présence du coach.


6. Par pur plaisir ou envie

Ce sera la dernière et la meilleure des raisons. Elle est souvent proche de la progression. En effet, réussir à gagner plus de parties amène souvent à prendre plus de plaisir sur le jeu.

Mais des fois, j'ai eu des élèves qui avait simplement envie de tester le coaching comme une activité découverte, un cadeau d'anniversaire ou même avec un ami. Et ce sont souvent des coachings très agréable car on tombe sur une personne qui ne s'attendait pas particulièrement à quelque chose et qui va être dans une logique de découverte pure, qui va poser beaucoup de questions et presque sans s'en rendre compte, progresser au fil de la session parce qu'il sera curieux et aura envie de passer un bon moment.

Cette catégorie est assez proche de la sympathie, sauf qu'ici, il n'y a pas la motivation de l'équipe ou du coach, c'est simplement avoir envie de faire cette activité, comme une impulsion un après midi où l'on s'ennuie.

D'autres raisons ou motivations peuvent exister (la curiosité en particulier) mais j'ai voulu garder cette liste aux choses les plus communes ou les moins attendues. Si d'autres idées semblent avoir été ignorées, n'hésitez pas à en parler dans les commentaires, cette liste est essentiellement basée sur mon expérience ces 5 dernières années et je pense avoir encore beaucoup à découvrir.

Cet article est le premier de plusieurs thèmes que je voudrais aborder et qui sont un peu passés sous silence dans le monde virtuel de nos jours à mon sens.

Le but n'est pas du tout de montrer le vrai monde sombre et démoniaque dans lequel nous vivons, et même si certains thèmes seront tristes ou pessimistes, je me sens extrêmement chanceux depuis ces années de vivre de ma passion et c'est un peu une façon pour moi de montrer ce que ça a vraiment été de travailler dans ce monde là pendant ce temps, et du coup je pense que c'est important de parler des bons comme des mauvais aspects.

Et si vous avez des questions ou que certaines choses vous surprennent, encore une fois, les commentaires sont fait pour ça.

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